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Les veillées et contes d’autrefois …toute une histoire

Article publié le 24 novembre 2013 | Laisser un commentaire.

caricatureLes contes dans le pays de Guingamp

C’était surtout pendant les veillées d’hiver que l’on pouvait entendre des contes. Chaque conteur avait son style, et, si, deux histoires venaient d’une même légende, elles étaient cependant différentes. Les contes étaient faits pour mesurer la compétence du conteur. Les éléments et les personnes (le diable, les lutins, les sorcières…) étaient souvent représentés par : le feu, des plantes (dont certaines devenaient rouges ou vertes quand on les jetait au feu).

veillée bretonneL’hiver, autrefois « Saison morte » ? par Jean-Louis Beaucarnot

La nature s’endormant on imagine que nos ancêtres en faisaient tout autant. Pas vraiment. Même pour vivre au rythme de la lumière, ils n’en avaient pas moins des activités nombreuses et variées, à commencer par la drague. Certes, l’hiver était le temps des veillées, réunissant en une seule maison le hameau tout entier, histoire d’économiser la chandelle et le feu. Certes, autour de ce feu, on trouvait les vieillards se chauffant et les adultes s’occupant à des travaux divers.

Les hommes tressant des paniers, les femmes filant, les enfants émondant des noix, tous croquant des pommes et des châtaignes grillées et les langues allant bon train. Mais pour le groupe des jeunes gens, rassemblé dans les recoins mal éclairés, les occupations étaient tout autres.

« En telles assemblées, beaucoup d’honnêtes familiarités sont permises, raconte le Breton Noël du Fail. Les filles, leurs quenouilles sur la hanche filaient ; les unes assises sur une huche ou une malle, afin de faire plus gorgiasement (ostensiblement) pirouetter leurs fuseaux, non sans être épiées s’ils tombaient ; car en ce cas il y avait confiscation, rachetable d’un baiser. Les autres, moins ambitieuses, regardaient par-dessus leurs épaules (…) Et si (un gars) montrait le haut de ses chausses à découvert – autrement dit son derrière ou son sexe – elles n’étaient pas les dernières à rire à gorge déployée, avec la main entrouverte devant les yeux, pour assurer toute choses et se garantir du hale »Que voilà donc des salles obscures, où l’on draguait déjà, avec la bénédiction de tous !

Veillee canton de HuelgoatLa veillée dans le canton de Huelgoat  

Une veillée au coin du feu, les hommes tressent des paniers, les femmes filent la laine.

Noël autrefois (Veillée de) et coutume du repas maigre

veillée de noelQuelles douces heures que celles des veillées de décembre et quel charme elles ont laissé dans nos souvenirs d’enfance ! Alors au foyer brillent les joyeuses flambées, pendant que le vent ébranle la maison et que la pluie bat les vitres…

← Le feu de sarments pétille avec un bruit sec

Vous voyez d’ici, n’est-ce pas, la salle bien close, la lampe sous son abat-jour, le feu de sarments qui pétille avec un bruit sec, illuminant le plafond à solives. Bébé, heureux et affairé, trottine dans la chambre ; il touche au soufflet, renverse la pelle et regarde avec étonnement et envie son père qui tisonne, tandis que les flammes bleuâtres, longues et minces, lèchent l’écusson de la vieille cheminée aux teintes noires et luisantes.

Assis au coin du feu, le grand-père se chauffe tout pensif, tandis que la marmite fait « glouglou » et que de chaque côté de son lourd couvercle s’échappe un mince filet de vapeur. La maîtresse du logis a quitté sa belle coiffe et pris le bonnet du soir ; debout, la main gauche posée sur la hanche, elle tourne et retourne, de sa main droite, sa grande cuillère de bois dans le ragoût qui « mijote » sur le fourneau. Dans un coin de la chambre, grand’mère explique à sa petite-fille les enluminures d’un vieil almanach déjà noirci par les années. La vieille horloge, au large balancier de cuivre, frappe lourdement ses coups… Telles sont à peu près les veillées d’hiver dans la plupart des campagnes.

En Auvergne, la veille de Noël, la nuit venue, la table est dressée devant le foyer. On la couvre d’une nappe bien blanche, et, au centre d’une magnifique brioche, on place un chandelier en cuivre soigneusement fourbi. La maîtresse de la maison fouille dans la grande armoire et revient avec une chandelle précieusement enveloppée dans du papier gaufré. La belle chandelle prend place au milieu de la table. On lit dans un récit du XIXe siècle : « Les préparatifs terminés, mon vieux père, quoique malade, veut assister au repas. Il prend, de sa main tremblante, la chandelle de Noël, l’allume, fait le signe de la croix, puis l’éteint et la passe au frère aîné. Celui-ci, debout et tête nue, l’allume à son tour, se signe, l’éteint, puis la passe à sa femme. La chandelle passe ainsi de main en main, pour que chacun, à son rang d’âge, puisse l’allumer. Elle arrive enfin entre les mains du dernier né. Aidé par sa mère, celui-ci l’allume à son tour, se signe et, sans l’éteindre, la place au milieu de la table, où elle brille – bien modestement – pendant tout le repas ».

La suite de cet article sur ce lienhttp://www.france-pittoresque.com/spip.php?article1807

les contes de la grand-mereLes contes de la grand-mère

Agglutiner autour de la cheminée où danse les flammes dans le foyerGrand-mère fait rêver le petit enfant avec les contes d’antan… Maman exécute de menus ouvrages…Doux moment de partage…

La Creuse illustrée –

– Oh ! mère grand, si le loup vous avait mangée !
– Oh ! mai grando, mi lou loop vous ailio mingeàde !

veillee-lorraineUne veillée en Lorraine

Chez Marie Catherine POST, rue de la misère, à Montauville. D’après les souvenirs de son fils Eugène CANDEILLE, mon grand-père. 

Les soirs de veillée étaient fixés, tantôt chez l’un, tantôt chez l’autre. Elles n’étaient pas quotidiennes, car les gens écrasés de fatigue, se couchaient souvent tôt et de plus, il fallait « économiser la chandelle », qui en fait était une lampe à pétrole !

 Ma mère choisissait souvent le mercredi soir, car le lendemain, nous n’allions pas à l’école.
Le soir, où la veillée était prévue, à l’heure dite, ma mère me dit: » Eugène, va chercher un broc d’eau ». Je redoutais ce commandement, car nous étions en hiver, il gelait très fort et la nuit était tombée depuis longtemps.
Nanti de mon espèce de cruche émaillée blanche, me voici dehors dans le noir obscur, sans clair de lune ! La bise soufflait dure. Ah ! qu’il était difficile d’affronter le froid et le noir, quand il faisait si bon près du fourneau.

 La fontaine du lavoir se trouvait à environ deux cent mètres de notre maison, mais que d’embûches en perspectives (trous dans la chaussée, flaques de glace). Le plus dangereux étaient les chariots stationnés dans la rue et dont les limons ferrés pouvaient se révéler un piège dangereux, dont je garde d’ailleurs un très mauvais souvenir. Depuis, j’adoptais une tactique toute simple, mais efficace, pour éviter ces pièges: Je balançais devant moi le broc, comme l’aurait fait un aveugle avec sa canne blanche. Ma mère n’a jamais compris comment je pouvais écailler le broc en allant chercher de l’eau…

La suite de cet article sur ce lien : http://patrickdeveaux.fr/anecdotes/histoires-dautrefois-en-lorraine/une-veillee-chez-m-c-post/

Sources : 

http://www.bretagne-racines.ac-rennes.fr

Article de Jean-Louis Beaucarnot dans la revue « Notre Temps de Décembre 2013

http://flo76.canalblog.com

http://cantonhuelgoat.chez-alice.fr

2 commentaires

  1. Ninick a écrit:

    Que de poésie dans ces contes et comme la vie semble belle mais ardue en ce temps-là…
    Merci

  2. Christine♬♡ a écrit:

    La pauvreté créé des liens forts entre ceux qui la subissent au quotidien, c’est encore le cas aujourd’hui ! Sauf peut-être pour les gens qui ont un grand cœur et qui malgré leur réussite, n’ont pas oublié le voisin d’à côté …. ♥♥♥

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