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Rafael Schächter, chef d’orchestre passionné, prit des risques et s’efforça de servir l’humanité par la musique !

Article publié le 15 octobre 2016 | Laisser un commentaire.

Le Requiem de Verdi fut à la fois un acte de résistance et un temps fort de la vie culturelle du camp de Terezín. Rafael Schächter fut d’emblée en conflit avec les intellectuels juifs prisonniers du camp, qui souhaitaient monter une œuvre de thématique juive, qu’il était possible de monter à Terezín, alors qu’elle était interdite partout ailleurs. Schächter était convaincu que, même au sein du camp, l’intrication des œuvres des artistes juifs au sein de la culture occidentale devait pouvoir s’exprimer. En septembre 1943, Schächter reçut des SS l’ordre de diriger le Requiem. Il réunit un ensemble de 120 choristes et 4 solistes. Juste après le succès de la première, tous les chanteurs exceptés le chef d’orchestre et les solistes furent déportés à Auschwitz et assassinés dans les chambres à gaz. Schächter reconstitua un chœur de 120 personnes pour monter à nouveau le Requiem. En décembre 1943, quelques semaines après la représentation, le chœur fut de nouveau déporté vers l’Est. Schächter fut pour la troisième fois contraint de recruter des choristes et des musiciens. Ce dernier groupe plus modeste donna 15 représentations.

Les SS demandèrent à Schächter d’interpréter à nouveau le Requiem de Verdi, à l’occasion d’une visite de la commission du Comité international de la Croix-Rouge le 23 juin 1944 accueillie par les SS, dont Adolf Eichmann, son adjoint Ernst Mösh et Hans Günther, chef du Bureau central du règlement de la question juive. D’après Josef Bor, Eichmann aurait trouvé ironique que les prisonniers juifs chantent eux-mêmes leur propre messe des morts. Le chœur de Schächter a notamment interprété Dies irae du Requiem de Verdi:

«Jour de colère, ce jour-là réduira le monde en cendre, David l’atteste, ainsi que la Sibylle. Quelle terreur va venir, quand le juge viendra pour juger tout strictement ! La Mort sera saisie de stupeur, comme la Nature, quand ressuscitera la créature, pour comparaître devant le juge. Donc quand le juge siègera, tout ce qui est caché apparaîtra, rien ne restera impuni.»

Source : https://fr.wikipedia.org/wiki/Rafael_Sch%C3%A4chter

 

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