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Le bio-mimétisme avec les termites …

Article publié le 22 décembre 2012 | Laisser un commentaire.

Les termitières valent de l’or

La mosquée de Djenné au Mali.(Photo : Claude Verlon/ RFI)
La mosquée de Djenné au Mali.
(Photo : Claude Verlon/ RFI)
Une nouvelle science, le bio-mimétisme, s’inspire du fonctionnement naturel des écosystèmes pour résoudre des problématiques humaines. Ainsi, par exemple, les architectes s’intéressent de près à la manière dont les termites construisent leurs édifices et les orpailleurs se fient aux indications géologiques fournies par les termitières. Rencontre avec Maximilien Quivrin, entomologiste, spécialiste des insectes sociaux.

Récemment, dans le journal brésilien Gazeta Mercantil, Achim Steiner, directeur général du Programme des Nations unies pour l’environnement (PNUE), révélait que « les termites hébergent des bactéries capables de transformer de manière efficace et économique les déchets de bois en sucres pour la production d’éthanol ».

 Ecoulement d'eau sur les rochers. Au fond à droite, on aperçoit une termitière. (Photo : <a href="http://www.ird.fr/indigo" target="_blank">IRD</a>)
Ecoulement d’eau sur les rochers. Au fond à droite, on aperçoit une termitière.
(Photo : IRD)

Depuis la nuit des temps, les populations autochtones tirent partie de la qualité de la terre des termitières : riche en minéraux et en matière organique, ils l’exploitent comme engrais, en pratiquant l’épandage sur les champs cultivés ; dotée de propriétés analogues à l’argile blanche ou au kaolin, cette même terre est utilisée comme cataplasme, pour ses vertus reminéralisantes et détoxifiantes, propre à soulager les douleurs articulaires, réparer des fractures osseuses et soigner des troubles digestifs.

Mais ce que l’on sait moins c’est l’intérêt que représente ces constructions élaborées par des insectes sociaux ingénieurs et bâtisseurs. Depuis la nuit des temps, l’esthétique des termitières inspirent les hommes et, depuis quelque trois décennies, les architectes s’intéressent au fonctionnement naturel de cet écosystème, construisant «des bâtiments qui, selon leur structure, s’avèrent consommer de 50% à 90% moins d’énergie qu’un bâtiment classique équivalent », explique Maximilien Quivrin.

Maximilien Quivrin Entomologiste :

« Les insectes sociaux, qui ont le plus inspiré les hommes, sont les abeilles et les termites. »

Conformation des édifices et résistance étonnante du matériau d’une part, exposition optimisée au soleil selon un axe nord-sud et maintient d’une température constante à l’intérieur de la termitière, grâce à un système sophistiqué de ventilation des galeries, d’autre part … : la  structure des imposantes termitières-cathédrales, savamment désignées macrothermes, intéresse de près architectes et entomologistes.

Maximilien Quivrin Entomologiste :

« Des architectes se sont inspirés des termitières-cathédrales pour mettre au point un système de climatisation passive. »

L'Eastgate Building à Harare (Zimbabwe)© GNU Free Documentation License
L’Eastgate Building à Harare (Zimbabwe)
© GNU Free Documentation License

Réalisé en 1996 par l’architecte Mike Pearce, l’Eastgate building, à Harare (Zimbabwe) a été construit sur ce principe : de nombreuses cheminées créent un courant d’air rafraîchissant et rend inutile toute climatisation électrique dans ce pays où la température journalière peut dépasser les 35°C.

En Angleterre, le centre des impôts de Nottingham et le Queen’s house building de l’université de Leicester, également, et là dans le but de maintenir une température constante, sans subir les variations climatiques, en sachant préserver la chaleur par temps froid.

La terre même de la termitière, qui compose le dôme extérieur des nids, possède des propriétés de résistance exceptionnelle pour un matériau élaboré à température ambiante, explique Maximilien Quivrin : « Il apparaît que les sucres non dégradés, présents dans les déjections des termites jouent un rôle très important dans la cohésion des éléments de ce ciment. Les ingénieurs espèrent percer le secret de ce « béton organique » pour créer un matériau de construction plus écologique ».

De la terre, de l’or et des diamants …

Par ailleurs, à l’instar de sourciers capables de détecter de l’eau souterraine, les cultivateurs africains peuvent, en tenant compte de la couleur de certaines termitières et de leur emplacement, déterminer la richesse du sol. Ainsi, les termitières-cathédrales à plusieurs clochetons, souvent adossées à un arbre, se révèlent être souvent bâties sur des terrains ferrugineux. Mais les termitières sont également observées de près par les orpailleurs …

Maximilien Quivrin Entomologiste :

« En échantillonnant la terre prélevée sur les termitières, les ingénieurs orpailleurs peuvent estimer la richesse d’un filon aurifère. »

« Dans certains cas, les termitières peuvent même indiquer des gisements de diamants importants: dans les années 1970, la plus importante mine de kimberlite a été créée à Jaweng (Botswana), suite à des analyses de termitières », ajoute l’entomologiste …

 

<strong>A</strong>:&nbsp;lamelle d'argile;&nbsp;<strong>B</strong>:&nbsp;base;&nbsp;<strong>C</strong>:&nbsp;cavité centrale;&nbsp;<strong>F</strong>:&nbsp;champignons spongieux;&nbsp;<strong>G</strong>:&nbsp;galerie souterraine;&nbsp;<strong>PA</strong>:&nbsp;piliers d'argile;&nbsp;<strong>R</strong>:&nbsp;cellule royale;&nbsp;<strong>S</strong>:&nbsp;amas de particules filandreuses.&nbsp;(Graphique : Grassi B. e Sandias A/ Domaine public)
A: lamelle d’argile; B: base; C: cavité centrale; F: champignons spongieux; G: galerie souterraine; PA: piliers d’argile; R: cellule royale; S: amas de particules filandreuses.
(Graphique : Grassi B. e Sandias A/ Domaine public)

Le monde secret des termites reportage diffusé sur ARTE

Pour la première fois, une caméra s’est aventurée au plus près des termites, une espèce envahissante et mystérieuse.

Présents sur tous les continents, sauf en Antarctique, les termites existent depuis 150 millions d’années et comptent 2 500 espèces différentes. Ils ont développé des modèles de société étonnants au sein de termitières cachées sous la terre, le sable ou dans les arbres. Bien que ces bestioles s’appellent aussi « fourmis blanches », elles ont peu en commun avec cet insecte industrieux, même si celui-ci est apparu à la même époque. La plupart des fourmis sont omnivores et ingèrent une multitude d’insectes. Elles descendent des guêpes, alors que les termites appartiennent à la famille des blattes et sont végétariens.
Ce documentaire traque les termites aux États-Unis, où ils dévorent une maison de l’intérieur ; au Kenya, où les paysans respectent les monticules aux formes étranges créés par les termitières, car les terres alentour s’avèrent plus meubles et faciles à cultiver. Puis, cap sur l’île de Bornéo, où les termites profitent du climat idéal des forêts tropicales chaudes et humides. Ils y installent leurs nids dans des troncs creux et organisent un système sophistiqué de transport de nourriture, avec une répartition précise des tâches. En compagnie de deux éminents « termitologues », ce documentaire voyage aussi à l’intérieur d’une termitière avec ses tunnels et ses puits d’aération pour découvrir les stratégies permettant à la reine et à la colonie de survivre en cas d’attaque. Une première : jamais une caméra n’avait avant réussi à filmer en gros plan ce monde mystérieux.

 Mais dans certains cas :  amis ou ennemis ? Les termites en Europe : explication dans cette émission « C’est pas sorcier » :

sources :

2 commentaires

  1. AYISSI TSIMI a écrit:

    Bonjour chers entomologistes,
    Je suis né dans la région du Centre du Cameroun, j’ai grandi en consommant les termites et leurs champignons blanchâtre et aromatisé très bon.
    J’observe que les termites ont une huile!
    Quelles sont leurs vertus?

  2. Christine♬♡ a écrit:

    Bonjour,

    Je suis comme vous époustoufler devant tant d’ingéniosité pour de si petits insectes. Toutefois je ne connais pas cette huile qu’elles fabrique.
    Cordialement
    Chrisinte

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